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le VOYAGE DE THETYS
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LA NEWS DU 15 AOUT 2009

Iles Gambier, la séduction du bout du monde


Alors que la navigation pour arriver ici nous a un peu épuisés, nous découvrons le sens de « l’hiver austral » pile sous le tropique du Capricorne. Les températures de l’air et de l’eau s’accordent à un tout petit 23°C et nous obligent à ressortir les pantalons et chaussettes le soir, les couvertures polaires pour la nuit, les coupe-vents pour les balades à terre, et les combinaisons néoprènes pour se baigner. Surprise et petite déception pour nos premiers lagons polynésiens !


Malgré cet accueil plutôt frais et notre fatigue post-traversée, nous tombons doucement sous le charme de ce grand lagon qui forme l’archipel des Gambier. Cinq îles peu habitées, les petites maisons se concentrent à Rikitéa, la « capitale », sur l’île de Mangareva. La vie ici est rythmée par le cargo qui arrive de Tahiti tous les quinze jours, apportant presque tout sur l’île : voitures, matériaux de construction, barques, nourriture, gens ... On part à sa découverte, et on rencontre des églises blanches et bleues qui datent des premiers missionnaires il y a 175 ans, on aperçoit les fermes perlières qui parsèment les lagons et qui représentent la première source de revenu et d’emploi des Gambier, et on ramasse les pamplemousses et les citrons qui poussent dans les arbres de la jungle qui couvre toutes ces îles.



La population est d’une gentillesse toute polynésienne, et nous invite immédiatement à participer à la vie de l’île. Nous assistons ainsi à nos premières danses. La magie s’installe, que ce soit lors d’une répétition donnée par les adultes, ou lors du spectacle de fin d’année de l’école maternelle et primaire. Costumes, musiques, rythmes, ondulations, sourires charmeurs, gaité et rires, l’âme de ces gens s’exprime au travers de la danse dès le plus jeune âge. Nous sommes sous le charme. Autre temps fort, les Gambier accueillent leur jubilé à la mi-août, commémoration de l’arrivée des premiers missionnaires. Les cérémonies s’enchaînent dans les différentes églises (4 en 4 jours, nous aurons fait le plein !), les jolies robes sont de sortie, les étoles font bon ménage avec les colliers de fleur ..., et les textes, chants et canons polynésiens qui rythment les messes nous envoutent.



Et pour compléter notre découverte des traditions locales, nous sommes invités à un mariage, Bruno ayant offert ses talents de photographe à la famille. Passage à la mairie sous la houlette de madame le Maire, puis cérémonie à l’église de Taku où nous avons le privilège d'être emmenés dans la voiture de la mère de la mariée. L’office est célébré par l’évêque en personne (venu pour le jubilé), assisté de quatorze autres autorités religieuses, et comme le marié est protestant, un petit comité familial glisse quelques chants et prières protestant dans cette cérémonie catholique. Ici les religions font bon ménage ! Pour finir, tous ceux qui le souhaitent sont invités à partager la fête (300 personnes quand même) pour un repas composé exclusivement de spécialités locales, mais sans alcool, l'évêque ayant pris bonne place au banquet entre les mariés.




L'autre atout séduction des Gambier, c'est son grand lagon parsemé d'îles, qui offrent de vrais mouillages pour tour-du-mondistes amateurs de coins sauvages. Totegegie, Akamaru et Mekiro, Taravaï et Aukena nous accueillent successivement, et laissant Thétys dans des piscines bleues turquoise, nous les parcourons autant qu’il est possible de se faufiler à travers la jungle pour s’extirper des forêts de yukas afin obtenir de magnifiques « vues du ciel », au prix de quelques griffures ou piqures de guêpes …


C’est magnifique, sauvage, unique, l’impression de « bout du monde » est très forte. Quelques familles qui vivent en solitaire sur ces îles nous accueillent dans leurs petits coins de paradis, pour partager apéros ou repas. Ils nous initient également au secret des fermes perlières. C’est là, juste sous nos coques, entre 2 bouées, que se cachent les nacres qui abritent les futures perles qui vont grandir et prospérer  pendant 18 mois, le temps de se parer de ces couleurs propres aux perles de Polynésie, et avant d'être vendues dans le monde entier. Nous ne repartirons pas les mains vides …


Mais la Polynésie, depuis le temps qu'on en parle, est aussi réputée pour ses fonds marins, et plus précisément la taille de ses poissons, et la quantité de requins qui les accompagnent. Bruno, qui n'a pas mis la tête sous l'eau depuis bien longtemps, s'aventure. Un énorme mérou lui fait de l'œil, il le flèche, et attire aussitôt quatre jolis requins affamés. C'est bien connu, les requins "de lagons" ne mangent pas d'homme ! Sont-ils bien au courant ? En tous cas ils ont faim, et un poisson déjà attrapé les intéresse au plus au point. Alors après quelques tours autour de notre pêcheur qui fait lui aussi des ronds en gardant un œil sur sa proie cachée au fond d'un trou, et l'autre et le bout de son fusil sur les requins, ils se jettent sur le poisson visiblement plus appétissant. Mais la frénésie alimentaire et le sable soulevé dans tous ces mouvements peuvent troubler le requin même le plus sympathique du coin, et le poisson qui s'échappe libère simultanément la flèche et le pêcheur qui se sauve vite fait pour sauter dans l'annexe. C'est chaud ! Ajoutons à cela que la majorité des poissons du lagon des Gambier ont la ciguatera (toxine toxique pour l'homme), et vous comprendrez aisément que nous mangerons plus de poulet que de poisson aux Gambier.

Pas fâchés pour autant, nous tentons l'aventure langouste un soir. Cela consiste ici à aller se promener sur le platier, dans 10 centimètres d'eau, et à débusquer les belles qui se cachent dans les trous, mais ont les yeux qui brillent à la lumière des torches. Ayant préalablement repéré les lieux dans l'après-midi, nous tentons l'aventure le long du platier qui borde la côte est (extérieure au lagon) du motu de l'aéroport. Alors de nuit, à la lumière des frontales, en combinaison néoprène et en bottes, notre équipée prend des allures surréalistes lorsque nous paradons sur la piste de l'aéroport, avant d'aller barboter dans le Pacifique coté grand large ! Petite erreur de calcul, on est à marée haute et l'activité se pratique à marée basse. Du coup il y a des vagues, plus d'eau que prévu, du bruit aussi qui se répercute et s'amplifie dans la nuit, et le doute sur la présence de nos amis requins qui s'installe progressivement. Impressionnant … Nous rentrerons donc bredouilles, mais en nous promettant de revenir dans de meilleures conditions !



Mais les bonnes choses ont une fin, et un mois après avoir amerri aux Gambier avec Thétys, les sens émoustillés par cette séduction du bout du monde, nous nous envolons par avion cette fois pour Tahiti puis Paris, le temps de retrouver famille, amis, et de célébrer quelques heureux évènements. En atterrissant à Tahiti, avec la magnifique vue sur ses montagnes, on réalise soudain qu'on vient de vivre déjà un mois en Polynésie. Un mois bien rempli, surprenant, enrichissant, magnifique et magique, qui clôture un peu pour nous cet "Episode 1", presque un an et demi après être partis de Marseille. Le retour en France auprès de ceux qui nous suivent est très positif, et nous permet de partager notre voyage et tout ce que nous en avons retiré depuis ces longs mois si différents de notre "vie d'avant". Petits et grands moments de bonheur partagés se succèdent à un rythme élevé !


Un mois après, nous rentrons à la maison, et c'est dans une ambiance de fin du jour avec ciel noir sur les sommets de Taravaï que le bateau d'Hervé nous dépose à bord de Thétys, qui sous bonne garde (encore merci à eux) n'a pas bougé pendant notre absence. Le froid est toujours là, les paysages sont toujours aussi magiques et irréels, mais quelque chose a changé, en nous. Nous nous sentons pleins d'énergie nouvelle pour attaquer "l'Episode 2", pour lequel nous avons encore plus le sentiment de vouloir approfondir ce "mode de vie" que la découverte "touristique" de tous ces endroits merveilleux. En effet, ce sont finalement surtout les rencontres, les activités, les projets, la possibilité de partager ces moments, qui donnent à ces lieux uniques la dimension qu'ils prennent dans notre voyage.


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