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LA NEWS DU 9 MAI 2011

Népal, trek au pays de l’Everest

COntact : thetysmail@gmail.com

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25 avril

8h45 on prend le chemin qui s'élève au-dessus de Namche avec pleins d'autres marcheurs. La grimpette est rude et le rythme se ralentit. Super Ngima est en forme, et on atteint rapidement la piste de l'aérodrome de Namche, la plus haute du monde ! Effet impressionnant quand on la remonte à pied. Puis on serpente sur un très joli chemin qui nous emmène au "point de vue du jour".

Et pour aujourd'hui ce sera ... Ama Dablam (6800m) et Everest ! Pas moins ! Le 1er est totalement dégagé et s'élance vertigineusement vers le ciel. La palme pour ce sommet moins connu et moins haut que son voisin, mais très impressionnant car un peu « seul au monde » dans sa vallée, et extrêmement technique pour ceux qui sont tentés. Le 2ème est plus timide, caché derrière les nuages, mais après un peu d'attente patiente, le vent balaie la zone et le sommet apparaît. Nous sommes conquis. 

Une petite descente sur de larges marches en terrasse nous mène à Khumjung, 3800m. Ce grand village alterne grandes bâtisses aux toits verts taillées pour l'hiver himalayen et carrés de champs de patates, le tout délimité à grands renforts de murets de pierre qui quadrillent joliment le paysage. On pose nos sacs au lodge du jour et on part errer sur les chemins, renvoyés de muret en muret, salués par la population locale gentiment accueillante mais distante. Le village a une vue imprenable sur l'Ama Dablam, et abrite un très vieux monastère que Ngima nous fait visiter malgré les travaux en cours. On s'initie aux coutumes locales : on fait tourner les moulins à prières (toujours dans le sens des aiguilles d'une montre), on allume des cierges, on prie Bouddha de nous donner de la "chance" : succès du trek, amour, santé de la famille, ... L'ambiance est recueillie mais bon enfant, et participer est un plaisir.

On s’attaque à la montée vers Gokyo et ses trois lacs. Quand on débouche sur l'épaule, le panorama s'ouvre en grand. Dans le V du fond de la vallée, le Cho Oyu s'offre magistralement : massif, tout blanc, il barre le panorama. Placé comme ses copains sur la frontière entre Tibet et Népal, il forme une barrière naturelle impressionnante. 

La balade se poursuit, pour atteindre les lacs enneigés de Gokyo, du plus petit au plus grand, cernés par les aiguilles, c’est beau, très très beau, ambiance de bout du monde, version très haute montagne, on apprécie !

Mais il neigeote, et il fait super froid. Comme chaque jour, le temps se couvre vers 11h. Il est temps d’atteindre le village de Gokyo posé au bord du lac tout blanc, à 4750m ! Notre lodge est tout en vitre, et la dame allume le poêle à notre arrivée, impeccable pour réchauffer mes mains gelées.

8h, c'est reparti direction Machermo, 4400m, une jolie balade de 2h. On est précédé de notre nouveau porteur, Ngima3, qui cavale. Ngima2 redescend avec son mal de gorge et sa grosse fatigue. En route, le Cho Oyu (8200m) ne montre que ses pieds, bien caché derrière une masse de nuages. On devrait avoir l'occasion de l'apercevoir les prochains jours. 

10h, on est au lodge, un peu tôt pour déjeuner, ce qui nous laisse le temps de prendre une douche bouillante en se versant un saut sur la tête ... Local et bien agréable. Le temps superbe du matin disparaît déjà, laissant la place aux nuages et à quelques giboulées de neige. Ça commence à se rafraîchir sérieusement, et la propriétaire du lodge met en route le poêle qui trône au centre de la « dining room », chargé à la bouse de yak séchée.

15h, il y a réunion d'informations médicales au Rescue Post de Machermo. On y va, prendre une bonne leçon sur le mal des montagnes, ses symptômes, ses conséquences, et quelles sont les règles de base pour une bonne acclimatation. Enfin avec pas plus de 300m de dénivelé positif par jour, notre programme respecte le maximum conseillé par les médecins, on est rassuré ! Et comme à cause de l'altitude tout le monde ressent plus ou moins les symptômes de base, ça met de l'ambiance. Mal de tête, du mal à dormir, fatigue ... Difficile d'y échapper à presque 4500 ... Concours d'hypoxie pour détendre l'ambiance, Bruno score à 91 alors que je plafonne à 82 (en bas, la moyenne se situe entre 97 et 100, ici aux alentours de 88).

Ciel bleu exceptionnel avec l'Ama Dablam et tous ses voisins. Régal des yeux de bon matin ! Départ pour Dole, à travers un chemin magnifique, des escaliers en pierre, des forêts, des ruisseaux transformés en cascades de glace, c’est vrai que l’air se rafraîchit régulièrement avec l’altitude. On déguste, et le panorama sur les hauts sommets voisins est grandiose.

Mais Ngima2, malade, est à la peine. Ngima prévoit un changement de joueur ce soir, passage de relais, équipage flambant neuf, à suivre. On passe 4000m, toujours en bonne forme. 

11h30 à Dole, où tout le monde se retrouve un peu remué après le décès d'une trekkeuse l'avant veille dans ce village. Apparemment un MAM (mal aigu des montagnes) très mal géré par le guide et le groupe. Chacun contrôle son mal de tête, sa fatigue, la qualité de son sommeil ... A priori on est plutôt mieux que les autres, mais on surveille, vu les conséquences possibles, sans non plus tomber dans la psychose.

On décolle déjà pour Lukla. Le terminal des vols domestiques se remplit et se vide au gré des annonces criées par les employées des compagnies, en anglais typé népalais, on ne comprend rien et Bruno se lève 20 fois pour aller demander si c’est enfin à nous. C’est ambiance locale ! On embarque dans un coucou à 12 places, nickel pour les sensations … et l’avion longe la chaîne de l'Himalaya vers l'est. Puis on bifurque, de vallées en vallées on s'enfonce dans la montagne qui s'élève de plus en plus autour et au-dessus de nous. Premières turbulences, les nuages se répandent, l'avion se fait secouer, les falaises sont à seulement quelques centaines de mètres ... On s’accroche au fauteuil de devant et on profite du spectacle, quelques dents enneigées se profilent ... Everest ou pas Everest ? Pas, mais Lukla apparaît déjà, un minuscule bout de piste posé sur un bout de montagne en pente, c'est court, et très chaud ! Champion du monde les pilotes locaux. On n'en revient pas encore qu'on nous jette déjà dehors, ceux qui veulent rentrer à Katmandou attendent ...

Ngima (ça se prononce Nima) nous attend. 21 ans et un grand sourire, il sera notre guide pour les deux semaines. Ngima 2 est notre porteur. Age indéfinissable (37 ans finalement), sourire un peu plus réservé par timidité, il va porter nos deux gros sacs plus ses affaires, sans doute 30 kilos. On a mal pour lui, il rigole et nous annonce que comme on va être un peu lent, il nous attendra à l'étape ... 

Pour cette première journée, c'est chaleur, nuages hauts et 200m de dénivelé descendant. Premiers kilomètres de marche himalayenne, la vallée est encaissée, les nuages découvrent parfois de hauts sommets enneigés, on croise des trekkeurs, des guides et des porteurs, des ânes et des yaks, quelques ponts suspendus, des petits villages qui abritent des lodges, le trekking est le business local mais on est loin des sentiers alpins. Après 1h30 de marche rapide, on se retrouve attablés au Lama Lodge de Ghat, village situé à 2530m d’altitude.

On y trouve des drapeaux à prière, des rochers peints couverts de mantras, des trekkeurs fatigués. Et puis ça circule. On est sur le chemin de la vallée du Khumbu, empruntée par plus de 30 000 marcheurs par an, et il faut des guides, des porteurs, des ânes et des yaks pour alimenter les lodges qui hébergent tout ce petit univers. 

Nos sacs à 30kg la paire paraissent bien ridicules comparés aux échafaudages qu'on voit passer lentement mais sûrement, certaines charges pouvant aller jusqu'à 100kg, la moyenne se situant probablement entre 40 et 50 car les porteurs sont payés au kilo ... Faites le test …

Dans l'après-midi, on monte jusqu'à l'école où les enfants ont préparé un spectacle pour la fête des parents. Unique ! Danses, chants, remises de prix (des cahiers vierges), les gamins sont à la fête et on est accueilli par d'authentiques sourires crasseux et des petits bouts qui s'émerveillent de pouvoir faire des câlins à Bruno sans plus de manière ...

Départ à 7h30 sous un beau ciel bleu pour 7-8h de marche jusqu'à Namche Bazar. Doucement doucement se dit bistari bistari mais ça ne suffit pas à ralentir Ngima qui nous trouve en forme. Le magnifique chemin pierreux passe par des escaliers en pierre, des forêts de pins et des ponts suspendus interminables qui surplombent des rivières encaissées. Et quand on lève la tête, on aperçoit des sommets enneigés et des faces vertigineuses. Nous sommes au cœur de l'Himalaya ! D'ailleurs, au détour d'un virage, couronné de nuages qui le survolent à grande vitesse apparaît ... Chomolungma (en tibétain), Sagarmatha (en népalais), le mont Everest, 8848m, plus haut sommet de la planète, le toit du monde ... La plus belle récompense du jour. 

Quelques heures et virages de plus, et Namche nous surplombe de tous ses bâtiments tendance blanc-gris-bleu. Vision mythique pour Bruno qui se retrouve très ému de pouvoir contempler la Mecque des rêveurs d'Everest. Séquence émotion que notre guide partage bien volontiers avec nous, tout content d'arriver au lodge en un temps record.

On traverse des ruelles dédiées aux trekkeurs, entre boutiques d'équipement de montagne, bars à bière (Everest Beer of course), cybercafés, et étalages de souvenirs. On croise des centaines de trekkeurs, leurs guides, les yaks, les ânes, et les habitants.

Notre lodge est tout en haut, on y arrive enfin, mais la petite chambre au 3ème étage est charmante avec une magnifique vue surplombante, et la douche dans la cour est brûlante. Et ce qui semble être une spécialité de Ngima, on est presque tout seuls ! Repos garanti, il nous soigne. Que demander de plus ?

On s’acclimate doucement avec une nuit un peu plus perturbée que la précédente, mais avec 12h de sommeil prévues au planning, on peut en rater quelques-unes sans conséquence désagréable sur la forme du lendemain. 

Et puis le grand confort de ce trek permet d'envisager sereinement l'éventuelle difficulté physique liée à la haute altitude. En fait on dort chaque nuit dans un nouveau lodge, mais le principe reste toujours le même : des chambres pour deux (avec parfois des couettes ou des couvertures), un WC à la turque au bout du couloir, à partager avec les autres locataires, et bien souvent une douche payante qu’on peut prendre dans une cabane en tôle au fond du jardin, avec un système qui va de la tuyauterie raccordée à un chauffe-eau au gaz (le grand luxe) au seau d’eau brûlante directement apporté du poêle.

Dans tous les lodges, on trouve une grande salle (dining room)  avec des banquettes tout autour, des tables le long, un poêle à la bouse de yak qui trône au milieu. C’est là qu’on passe nos journées quand on a fini de marcher. Il y a une cuisine (au feu de bois le plus souvent) attenante à la dining room, où les propriétaires du lodge (souvent les femmes, les hommes étant guides ou porteurs sur les treks ou l’Everest) nous préparent à manger à la commande, et où les guides et porteurs mangent du daal bhaat matin midi et soir (c'est le riz-lentille-curry de légumes de base). On mange bien et à notre faim, puisqu’au final ça s’appelle nouilles chinoises aux légumes, soupe sherpa stew, et même pâtes bolognaises. Quant à la galette de pomme de terre surmontée d’un oeuf et de gruyère râpé, j’en fais une orgie ! Enfin sur une base de patates ou riz ou pâtes, avec option petits légumes, gruyère râpé, et oeufs, on finira par se lasser après deux semaines. Surtout qu’on n’a pas voulu goûter au steak de yak (mais on l'a vu transporté ...).

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